Vous cherchez à acquérir une bombe lacrymogène pour vous défendre efficacement lors d’une agression ? Vous vous questionnez sur quel modèle choisir et sur la réglementation précise en la matière ?
Nous vous proposons dans ce guide de faire le point sur les principaux dispositifs lacrymogènes disponibles. Que vous recherchiez un système discret, avec ou sans poignée, au gaz ou au gel, nous vous accompagnons dans vos démarches et dans vos choix, en les éclairant au maximum, pour ne pas commettre d’erreur.



1. Qu’est-ce qu’une bombe lacrymogène ?
Une bombe lacrymogène est un système de défense portatif expulsant, généralement par spray, un agent dit lacrymogène (via un composé chimique spécifique), c’est-à-dire qui provoque une irritation des yeux et des voies respiratoires. Considérée comme une arme, elle reste néanmoins non létale et uniquement incapacitante. Son but n’est ni de tuer, ni de provoquer des blessures graves, mais d’immobiliser temporairement un ou plusieurs individus malveillants, le temps de fuir et/ou de contacter les autorités compétentes. Qu’elles soient au gaz ou au gel, au poivre OC (Oléorésine de Capsicum) ou à base d’agent CS (molécule chimique dédiée), en 25 ou 100ml, selon les usages qui vous correspondront le mieux, leur efficacité est redoutable et elles vous permettront de vous maintenir à distance de vos agresseurs, afin d’éviter au maximum tout conflit au corps-à-corps.
2. Quelle est la réglementation sur les bombes lacrymogènes ?
a/ A quelle catégorie d’armes appartiennent-elles ?
Il ne faut pas s’y tromper mais une bombe lacrymogène, malgré sa notoriété et son succès, est considérée par le droit français comme une arme. Classée en catégorie D pour tous les modèles inférieurs à 100 ml, elle peut être achetée et détenue librement par toute personne majeure. Il faudra donc présenter, au moment de l’achat, une pièce d’identité justifiant votre âge. Au-delà de 100 ml, elles sont considérées en catégorie B, et donc soumises à autorisation préfectorale.
b/ Peut-on se déplacer avec ce type de produits sur soi ?
Il vous sera demandé par les forces de l’ordre de fournir un motif légitime si vous souhaitez porter et transporter un dispositif lacrymogène hors de chez vous. Afin de déterminer si votre raison est valable, les autorités (police ou juge), tiennent compte des circonstances de lieu et de temps, et du profil du détenteur. Cela se fait au cas par cas.
c/ Quels sont les risques si on contrevient à la législation ?
« Dans les espaces et véhicules affectés au transport public, il est interdit à toute personne de porter, de manière visible, tout objet dont la ressemblance avec une arme des catégories A à D pourrait créer un trouble à l’ordre public. Ne pas respecter cette règle est sanctionné par une amende pouvant aller jusqu'à 750 €. L'objet ayant servi à commettre l'infraction peut être confisqué. »
3. Quels sont les différents modèles existants et lequel choisir ?
a/ Les bombes au gaz
L’intérêt des systèmes à gaz réside dans l’effet de zone qu’ils sont capables de provoquer, ce qui en fait le dispositif recommandé pour un usage extérieur, en plein air. Sa diffusion en nuage permet en effet de couvrir un espace plus large, très utile et efficace si l’on doit faire face à plusieurs individus ou tenir une distance de sécurité importante. Le gaz, grâce à son agent actif, va provoquer une irritation immédiate des yeux et des voies respiratoires, provoquant la fuite rapide des agresseurs, et la possibilité pour l’utilisateur de se mettre à l’abri en fuyant ou d’appeler les forces de l’ordre. Il est tout indiqué pour les parkings, jardins, ruelles, ou sentiers isolés, mais plutôt à déconseiller en intérieur ou par grand vent, lorsque des risques de retours sont présents.
Points positifs et négatifs :
+ Large zone couverte
+ Rapidité d’action (y compris sur tout un groupe)
+ Facilité d’utilisation (pas besoin de viser précisément)
- Dispersion difficilement contrôlable
- Risque de retour sur l’utilisateur dans certaines circonstances
b/ Les bombes au gel
L’intérêt principal des dispositifs au gel est qu’ils ne se diffusent pas dans l’air ambiant, contrairement au gaz. Ils sont donc à privilégier dans les milieux clos et en intérieur. Agissant par contact direct avec l’agresseur, ils vont libérer une substance irritante sous forme de jets précis et localisés. Cette diffusion a l’avantage de limiter les effets indésirables pour les utilisateurs et d’éviter de se retrouver soi-même incommodé, surtout dans un appartement ou une pièce mal ventilée. Le gel lacrymogène est également efficace en cas d'agression dans des couloirs, escaliers, ou toute pièce exiguë.
Points positifs et négatifs :
+ Précision (individu ciblé sans dispersion)
+ Adhésion (effet prolongé et intense)
+ Aérosolisation limitée (risques réduits pour l’entourage)
- Manque de portée (pas adaptée pour un groupe)
- Nettoyage plus difficile (décontamination lente)
c/ Les bombes à mousse
L’avantage du dispositif à mousse est le volume créé et l’importance de la zone qui pourra être recouverte sur la cible. Sa capacité d’adhérence et d’expansion est également un point particulièrement positif et recherché. Avec son volume supérieur à un gel classique, une bombe à mousse pourra éclabousser et se répandre sur plusieurs zones, idéal quand vous faites face à plusieurs individus malveillants. Sa faible aérosolisation va en outre éviter tout retour de nuage par vent violent, comme c’est le cas sur les bombes à gaz, et le caractère impressionnant du volume généré peut avoir un effet dissuasif, en plus de l’irritation associée. La mousse peut également servir à marquer un individu et donc aider à son identification, une fois les autorités sur le terrain.
Points positifs et négatifs :
+ Effet dissuasif important (volume impressionnant)
+ Moins de dispersion (et donc de risques de retour)
+ Nettoyage facilité car se dissipe plus facilement en séchant
- Moins précise qu’un gel
- Zone couverte moins étendue qu’un gaz
d/ La contenance et les systèmes d’activation
- Le volume maximum autorisé en vente libre pour les bombes lacrymogènes est de 100 ml. Vous pourrez ainsi trouver de nombreuses contenances à votre convenance, que cela soit au gaz ou au gel, avec des formats allant de 15 à 100 ml, en passant par 25, 50 et 75 ml. Les modèles les plus réduits (15, 25, 50 ml) seront particulièrement efficaces et surtout discrets pour pouvoir se positionner dans votre poche ou votre sac à main. Si vous privilégiez un usage à domicile pour vous protéger d’un cambriolage notamment, ou à bord de votre véhicule pour contrer un carjacking, nous vous conseillons de vous tourner vers les 75 voire 100 ml, qui auront plus d’autonomie et une efficacité redoutable dans ces circonstances.
- La sécurisation de l’utilisateur est primordiale pour ne pas que le dispositif se retourne contre lui. C’est pourquoi les systèmes d’activation sont pensés pour éviter les mauvaises manipulations. Les plus petits formats fonctionnent généralement avec un capuchon qui va protéger le bouton d’activation, mais ils peuvent également disposer d’un verrou rotatif, permettant à l’utilisateur de ne pas appuyer malencontreusement par simple pression. Il suffit de tourner ce loquet pour le positionner de manière à ce que la pression puisse s’effectuer. On peut aussi trouver un système à gâchette, généralement sur les modèles à 50 et 75ml, pour une meilleure prise en main et un effet « pistolet », ce qui peut améliorer la stabilité et donc la précision. Les équipements les plus volumineux (100 ml) présentent souvent une poignée à gâchette ou bouton large, avec une goupille de sécurisation. Cela assure un meilleur maintien, une meilleure visée et surtout une plus grande sécurisation de l’utilisateur. Ce système est en outre visuellement plus impressionnant, pour un effet dissuasif accru.
4. Quels sont les agents actifs de ces dispositifs de défense ?
L’agent irritant utilisé peut être de trois sortes :
a/ Le gaz ou gel CS (ortho-chlorobenzylidène)
La dénomination provient des initiales de Corson et Stoughton, les développeurs de ce composé, qui est l’un des plus modernes et utilisés, grâce à ses effets très rapides et aux fortes irritations oculaire, cutanée et respiratoire qu’il génère.
Points positifs et négatifs :
+ Irritation très efficace
+ Fort pouvoir incapacitant
+ Rapidité d’action et durée des symptômes
- Aggravations possibles des effets (chez les personnes fragiles)
- Peut laisser des résidus persistants
b/ Le gaz ou gel CN (2-chloroacétophénone)
Moins courant de nos jours, il est en déclin car plus toxique que le CS et donc plus délicat et risqué à utiliser. Il est supplanté dans les usages courants par le CS ou le OC.
Points positifs et négatifs :
+ Ultra efficace et toxique
+ Pouvoir incapacitant très élevé
+ Pénétration et persistance
- Toxicité très élevée, avec risques médicaux
- Résidus très persistants
c/ Le poivre OC (oléorésine de capsicum)
Aérosolisation d’un extrait de piment, c'est une formulation très efficace qui va provoquer douleur, inflammation des yeux, toux, et sensation de brûlure cutanée. Il conviendra également davantage pour les chiens potentiellement agressifs.
Points positifs et négatifs :
+ Action immédiate et durable
+ Moins chimique et moins résiduel
+ Fort pouvoir incapacitant
- Dangereux sur les personnes fragiles (asthmatiques notamment)
- Douleur plus importante
d/ Les décontaminants
Ce sont des dispositifs de première urgence, indispensables pour réduire les effets des agents irritants produits par les bombes lacrymogènes. Particulièrement efficaces et prêts à l’emploi, ils vous débarrasseront rapidement des symptômes provoqués par le poivre OC ou le gaz ou gel CS. Ils ne prétendent toutefois pas remplacer la consultation d’un spécialiste si la douleur persiste.
Nous espérons que ce guide vous aura aiguillé dans votre choix du dispositif adapté, et vous invitons à vous référer à notre guide sur les pistolets lacrymogènes si vous souhaitez en apprendre plus sur ce sujet.