L’une de nos premières craintes lorsqu’on s’imagine devoir faire face à une situation dangereuse concerne notre intégrité physique. Il n’est pas toujours évident de savoir comment nous réagirions face à un individu dangereux prêt à nous agresser. Le corps, via ses réflexes spontanés, est le premier à parler dans ce cas. C’est pourquoi il est important de prendre conscience que cela peut se produire, afin de savoir anticiper les situations et de conditionner nos comportements de la manière la plus adéquate.



Comprendre les enjeux d’une agression à courte distance
Une tentative d’agression au corps à corps est très anxiogène et peut rapidement dégénérer si les bonnes pratiques et la connaissance de ses propres réactions ne sont pas maîtrisées. Que le cas de figure soit une tentative de vol, une agression directe dans la rue, ou une attaque par surprise dans une zone restreinte et confinée, il est indispensable de savoir comment réagir dans chaque situation spécifique.
Tout est une affaire de contrôle à la fois de soi-même, mais également de la personne mal intentionnée à laquelle vous faites face. Le but n’est pas d’augmenter le niveau de violence engagé, mais de savoir surprendre et désorienter l’agresseur, en reprenant la situation en main, soit pour offrir une opportunité de fuite, soit pour appeler de l’aide, soit pour empêcher l’individu d’être lui-même maître de la situation.
La légitime défense en situation de contact
La réglementation française est très claire sur cet aspect : la légitime défense peut être invoquée, même dans le cadre d’un conflit mené au corps à corps. Il faut toutefois que l’engagement dans ce type de confrontation ait été caractérisé comme nécessaire, proportionné et simultané, c’est-à-dire que la réaction doit être dans le même temps que l’acte d’agression lui-même. Pour résumer, vous pouvez vous défendre au corps à corps si l’attaque à laquelle vous avez fait face est manifeste et réelle, et dans un enchaînement temporel légitime. La riposte doit bien évidemment rester mesurée ; une réaction qui dépasserait le cadre de la proportionnalité, c’est-à-dire excessive, pourrait être requalifiée en violence volontaire.
Pour prendre un exemple très concret, frapper quelqu’un qui vous a bousculé n’est absolument pas légitime et peut être puni. À l’inverse, essayer de repousser une tentative d’étranglement ou une frappe volontaire est totalement justifié. Le discernement et la lucidité sont donc des points essentiels en la matière.
Les techniques de défense à mains nues
Il n’est pas nécessaire d’être ceinture noire pour se défendre efficacement. Des techniques simples, issues du Krav Maga, du self-défense urbaine ou du jujitsu, permettent de se sortir de nombreuses situations.
Parmi les réflexes à adopter :
• Protéger sa tête et son équilibre : garder les bras levés, pieds ancrés au sol.
• Viser les zones sensibles en cas de nécessité : yeux, nez, gorge, plexus solaire, parties génitales.
• Se dégager d’une saisie : rotation du poignet, frappe dans l’avant-bras, coup de coude.
• Utiliser le poids du corps pour déstabiliser l’agresseur plutôt que chercher la force brute.
L’objectif n’est pas de vaincre, mais de créer une ouverture pour fuir.
Les objets du quotidien comme outils de défense
Dans certaines situations, des objets usuels peuvent servir d’armes improvisées. Une lampe torche métallique, un stylo robuste, un trousseau de clés, voire un sac à main peuvent faire office d’extension du bras pour créer de la distance ou frapper avec plus d’impact.
Cependant, l’utilisation d’objets reste soumise à la règle de proportionnalité. Mieux vaut viser des zones non létales et ne pas continuer à frapper une fois que l’agresseur est désorienté ou à terre.
Les armes légales adaptées au corps à corps
Plusieurs dispositifs de catégorie D, autorisés en vente libre pour les personnes majeures (plus de 18 ans), sont spécifiquement conçus pour les confrontations rapprochées :
1. Le shocker électrique : Très efficace à courte distance, il délivre une décharge électrique neutralisante. Il doit être utilisé en contact direct, généralement au niveau du torse, des bras ou des jambes. Son effet immédiat permet de désorienter l’agresseur et de fuir. Compact, facile à utiliser, il nécessite toutefois sang-froid et proximité.
2. La matraque télescopique : Arme d’impact par excellence, elle permet de tenir à distance un agresseur ou de frapper en visant les membres pour créer un déséquilibre. Elle se déploie en un geste rapide et produit un effet très dissuasif. À manier avec prudence et uniquement en cas de danger réel.
3. Le stylo de défense (kubotan) : Objet discret et légal, il s’utilise en pressions ou en frappes ciblées sur les points sensibles du corps humain (poignet, clavicule, flancs). Il demande un peu d'entraînement mais peut être redoutable.
4. Les sprays au poivre à contact direct : Certains sprays sont conçus pour un jet court à large dispersion, parfaitement adapté à une attaque soudaine. Ils provoquent une désorientation immédiate, même à très courte portée.
En conclusion
Tenter de se défendre au corps à corps n’est évidemment pas une posture simple à gérer, au vu du risque encouru pour vous, mais également pour la personne à laquelle vous répondez. Il est néanmoins possible de réagir avec discernement, de manière efficace, adaptée et tout à fait légale. La lucidité est un élément central lorsque vous vous retrouvez dans cette situation, dont le risque doit être évalué précisément, afin d’utiliser les dispositifs appropriés et éviter à tout prix toute violence gratuite et exponentielle. Anticiper en se posant les bonnes questions et en s’entraînant un minimum peut renforcer la confiance en soi et la prise de contrôle sur la situation, même si elle s’avère critique.